( 30 août, 2007 )

MANIFESTE DES PATRICIENS

 

MANIFESTE

DES

PATRICIENS

(140 articles)

 

 

Alors que Largent est de toute évidence au cœur de nos « Sociétés » malades, personne n’ose s’apercevoir qu’il est le poison qui les ronge ; nul n’a le courage de le dénoncer comme l’ennemi séculaire de l’Humanité. Ces temps d’aveuglement & de lâcheté sont révolus ; l’heure est à la Vérité & à la Révolution. Aussi les Patriciens ont-ils résolu d’exposer les concepts qui les poussent à agir dans le présent & les Principes de la Cité qu’ils veulent fonder dans le futur. Le présent Manifeste annonce à l’Homme que la Révolution a commencé dans les esprits, & à Largent que son règne touche à sa fin.

 

I. POSTULATS DE L’ASSOCIATION POLITIQUE

ART. 1 — Une association politique est formée d’individus librement réunis pour échapper à l’état de Nature & accroître par la combinaison de leurs forces leurs chances de survie.

ART. 2 — L’instinct de conservation est à l’origine de l’association politique, également appelée Société ou Cité.

ART. 3 — Le but premier de toute Société est d’assurer au mieux de ses moyens la sécurité de ses membres, appelés Citoyens. La SÉCURITÉ est le premier Droit fondamental du Citoyen.

ART. 4 — La Sécurité d’un Citoyen ne dépend pas de ses capacités à se défendre mais des capacités de ses Concitoyens à le défendre. C’est parce que les Citoyens se protègent mutuellement que la Sécurité existe en tant que Droit & que chacun d’eux la mérite & en jouit. Le premier Devoir du Citoyen est de défendre ses Concitoyens.

ART. 5 — Un Citoyen doit être plus en Sécurité en Société que dans l’état de Nature, au moins autant, jamais moins. Lorsque les Droits d’un Citoyen sont menacés sans que la Société intervienne ou soit en mesure d’intervenir, celui-ci peut les défendre lui-même par tous les moyens dont il dispose & qu’elles qu’en soient les conséquences. Quand la garantie sociale manque à un Citoyen, celui-ci ne peut avoir moins de liberté que s’il était dans l’état de Nature.

ART. 6 — Pour jouir de la Sécurité que la Société doit garantir à ses membres, il faut d’abord en faire partie, être admis à l’intégrer, & faire ensuite tout ce qu’elle exige de chaque Citoyen pour ne pas en être exclu.

ART. 7 — Nul n’adhère librement à une association qui exige plus de lui que des autres membres. Des associés ne peuvent exiger d’un nouveau venu moins qu’ils n’exigent d’eux-mêmes. Les membres d’une association ne peuvent garantir à l’un d’entre eux des avantages dont ils se privent. Une association politique impose nécessairement à tous ses Citoyens les mêmes Devoirs & garantit fatalement à chacun les mêmes Droits.

ART. 8 — Il n’y a de Droits qu’en Société, qu’entre individus ayant des Devoirs, les mêmes Devoirs, les uns envers les autres, se garantissant ainsi mutuellement les mêmes Droits. Il n’y a de Société que dans l’Égalité des Citoyens en Devoirs & en Droits.

ART. 9 — L’ÉGALITÉ est le principe fondamental de l’association politique & de l’ordre social.

ART. 10 — L’accomplissement d’un Devoir ne génère en soi aucun Droit. Tous les Droits sont attachés à la Citoyenneté qui s’obtient & se conserve par l’accomplissement de tous les Devoirs du Citoyen.

ART. 11 — Les hommes étant contraints par leur nature sociable de vivre ensemble, la Société doit susciter le désir d’en faire partie ; les Citoyens ne doivent avoir aucune envie de la fuir & toutes les raisons de rester en son sein.

ART. 12 — La Cité étant une libre association, les Citoyens sont libres en théorie de la quitter & doivent être libres tout en lui appartenant.

ART. 13 — La LIBERTÉ, en tant que Droit fondamental, consiste pour un Citoyen à avoir les mêmes Droits que ses Concitoyens, de sorte que l’intérêt de chacun soit que les libertés des autres, dont il jouira lui-même, soient le plus étendues possible, tout en étant bornées par le respect des Droits d’autrui.

ART. 14 — Les Devoirs & les Droits fondamentaux des Citoyens se ramifient en Devoirs & Droits indirects. La nature & le nombre des Devoirs & des Droits indirects des Citoyens reflètent les capacités de l’espèce & le développement de la Société.

ART. 15 — Tout Citoyen qui manque à ses Devoirs usurpe des Droits. Tout Citoyen qui attente aux Droits d’un autre Citoyen est un oppresseur. Usurpateurs & oppresseurs ne sont plus Citoyens ; ce sont des ennemis.

ART. 16 — L’inégalité en droits dissout l’association politique. Il n’y a pas d’association entre un esclave et un maître qui le dépouille de ses Droits.

ART. 17 — L’inégalité entre individus d’une même « Société » est la source de tous les fléaux.

ART. 18 — L’inégalité est anarchie. L’Égalité est ordre.

 

II. CITÉ, CITOYENNETÉ & CONTRAT SOCIAL

ART. 19 — La Cité est l’ensemble des Citoyens qui la composent.

ART. 20 — Le rôle de la Cité n’est pas de faire le bonheur des hommes, mais de maintenir l’Égalité, c’est-à-dire de garantir à ses Citoyens la jouissance des mêmes Droits afin qu’ils soient, en tant qu’individus, le moins malheureux possible & libres de chercher leur bonheur.

ART. 21 — L’ÉGALITÉ est le Principe fondamental de la Cité. Le principe d’EQUITE qui, lui, repose sur la notion de valeur, donc sur l’arbitraire, impose l’iniquité & est un subterfuge capitaliste, individualiste, anti-égalitaire & donc antisocial.

ART. 22 — Est & demeure Citoyen tout individu reconnu comme tel par la Cité, tout individu qui s’est acquitté de ses Devoirs envers la Cité & jouit par conséquent de tous les Droits du Citoyen, tout individu qui adhère de fait au Contrat Social de la Cité.

ART. 23 — L’union des Citoyens repose sur un accord tacite ou officiel : le Contrat Social. Ce Contrat est identique pour tous les Citoyens. En fixant les Devoirs & les Droits du Citoyen, il impose à tous les Citoyens les mêmes Devoirs envers la Cité & reconnaît à chacun les mêmes Droits dans la Cité.

ART. 24 — Il ne peut y avoir qu’un Contrat Social par Société. Il n’y a pas de demie Citoyenneté. Les Citoyens doivent jouir des mêmes Droits, lesquels ne peuvent être garantis que si tous les Citoyens ont les uns envers les autres les mêmes Devoirs. Un individu ne peut être lié à d’autres d’une manière sans que les autres soient de fait liés à lui de la même manière.

ART. 25 — Les clauses du Contrat Social résultent des lois naturelles de l’association politique. Les Contrats Sociaux ne varient d’une Cité à une autre que sur la forme.

ART. 26 — Rien n’étant plus facile qu’ignorer & enfreindre ce qui est tacite, la Cité doit adopter un Contrat Social officiel de sorte que chaque Citoyen sache ce qu’elle exige de lui comme de tous ses Concitoyens, & ce qu’il doit exiger d’elle en retour.

ART. 27 — Sans Contrat Social, point de Cité, point d’Égalité ; hors Égalité, point de Société, de Citoyen, de Liberté, de Devoirs, de Droits, de République, de Démocratie, &c.

ART. 28 — Quiconque remplit envers la Cité l’ensemble de ses Devoirs, est Citoyen & est l’égal en Droits de ses Concitoyens.

ART. 29 — Qui manque à un seul de ses Devoirs risque la perte de tous ses Droits de Citoyen, sans pouvoir prétendre être opprimé.

ART. 30 — Selon les lois naturelles de l’association politique & le Contrat Social, les Devoirs fondamentaux du Citoyen sont : respecter les Droits d’autrui, participer à la vie de la Cité (selon ce qu’elle considère comme une participation), être solidaire de ses Concitoyens & défendre la Cité.

ART. 31 — La forme de participation à la vie de la Cité la plus courante est le Travail. Tout Travail reconnu par la Cité rend Citoyen à part entière celui qui l’effectue.

ART. 32 — Le Travail est la forme de participation à la vie de la Cité qui consiste à mettre le fruit de ses efforts sur le marché, en contrepartie du statut & des Droits du Citoyen.

ART. 33 — Le Travail est pour le Citoyen dans la Cité ce que les efforts pour survivre sont à l’homme seul dans la nature. La Cité ne constitue pas un refuge pour les fainéants ; elle facilite un Devoir naturel, mais n’en dispense aucunement les individus valides.

ART. 34 — Les études supérieures, étant nécessaires pour Travailler ultérieurement, sont elles-mêmes un Travail. Les étudiants sont des Citoyens à part entière.

ART. 35 — La Cité est une mère qui doit protection à tous ses enfants, qu’ils soient dévoués, provisoirement inaptes à Travailler ou malheureusement invalides.

ART. 36 — Après un temps passé à Travailler, égal pour tous, les Travailleurs doivent pouvoir être libres de s’arrêter, tout en restant Citoyens à part entière.

ART. 37 — Selon les lois naturelles de l’association politique & le Contrat Social, les Droits fondamentaux du Citoyen sont : la SÉCURITÉ & la LIBERTÉ, qui se traduisent par le Droit de profiter des bienfaits de la Cité. (L’ÉGALITÉ n’est pas un Droit ; c’est le principe fondamental du DROIT. La Dignité, elle, est le fait, pour un Citoyen, de jouir de tous les Droits qui lui sont reconnus & d’être l’égal de ses Concitoyens.)

ART. 38 — La LIBERTÉ est l’ensemble des libertés ou Droits indirects reconnus par la Cité à ne serait-ce qu’un Citoyen & devant donc être reconnus à tous les Citoyens. Des libertés ne sont pas la LIBERTÉ. Il ne suffit pas que des individus jouissent de quelques libertés identiques pour que cela fasse d’eux des Citoyens fondamentalement égaux & libres.

ART. 39 — Un Droit est naturellement borné par les envies du Citoyen qui l’exerce ou en jouit, par l’exercice ou la jouissance par ses Concitoyens de ce même Droit, par les possibilités réelles de l’exercer & éventuellement par la loi, égale pour tous. Toute autre borne est artificielle, arbitraire & source d’oppression.

ART. 40 — Les Droits du Citoyen dépendent de la Cité dans laquelle il vit, non de l’entreprise par le biais de laquelle il remplit envers la Cité son Devoir de Travailler.

ART. 41 — Un Citoyen ne peut être tenu de Travailler pour la Cité & être pénalisé par elle pour sa spécialisation professionnelle.

ART. 42 — Nul n’est irremplaçable. Il n’y a pas de sous-métier. Tous les Travailleurs sont complémentaires. Aucune fonction ne justifie une quelconque supériorité en droits. La complémentarité des Travailleurs commande leur égalité en Droits en tant que Citoyens.

ART. 43 — Celui qui croit que par son Travail il mérite plus de droits que ses Concitoyens, oublie qu’il est ce qu’il est grâce à la Cité, qu’il Travaille dans & pour la Cité, que seule la Cité peut reconnaître & garantir ses Droits, que la Cité est l’ensemble de ses Concitoyens, & qu’il n’y a de Droits que dans l’ÉGALITÉ. Celui qui veut vivre dans la Cité doit sacrifier ses prétentions d’individu à ses Droits de Citoyen.

ART. 44 — La Cité doit honorer les Vertus des particuliers sans attenter aux Droits des Citoyens, autrement dit à l’Égalité. Les lauriers seuls doivent couronner les Vertus. Prétendre à autre chose c’est déjà en être indigne. Le mérite personnel ne doit trouver sa récompense que dans la satisfaction personnelle & la reconnaissance publique.

ART. 45 — Chaque Citoyen doit mériter seul ses Droits auprès de la Cité. Nul ne peut jouir des Droits mérités par un autre. Les Droits ne sont ni héréditaires ni transmissibles ni cumulables ni jouables ni escamotables, &c.

ART. 46 — Les bienfaits de la Cité sont le fruit de la participation des Citoyens. Les fruits du Travail sont généralement mis sur le marché. Pour profiter de tous les bienfaits de la Cité, les Citoyens doivent non seulement avoir accès au marché mais encore jouir d’un égal Droit d’Accès.

ART. 47 — Le Droit d’accéder au marché, étant en quelque sorte le pendant du Devoir de participer à la vie de la Cité, n’appartient qu’à ceux auxquels la Cité reconnaît le statut de Citoyen & ne porte que sur les produits du Travail présents sur le marché.

ART. 48 — Quoique l’égalité en biens ne soit ni possible, même dans l’Égalité, ni souhaitable dans l’absolu, une trop grande disparité de propriétés entre Concitoyens ne peut résulter de la libre expression de leurs goûts ; elle révèle un état d’inégalité en droits, donc une situation d’oppression.

ART. 49 — L’oppression est un état intermédiaire entre l’état de Nature, dont les hommes veulent sortir, et celui de Société, vers lequel ils tendent. Il y a oppression, d’une manière ou d’une autre, dès lors que les « Citoyens » sont inégaux en Droits.

ART. 50 — Les opprimés sont vis-à-vis de leurs oppresseurs dans un rapport de force, non de droit. Ils peuvent légitimement secouer leur joug & même les abattre s’ils en ont l’occasion. Une oppression persistante témoigne de la puissance des oppresseurs & de l’incapacité provisoire des opprimés à se libérer, rien de plus.

 

III. LARGENT

ART. 51 — La pratique du troc consistant à mettre les objets en équivalence a amené les hommes à concevoir comme indispensable aux échanges la notion de valeur marchande, Largent. L’évolution a ensuite amené les hommes à adopter la monnaie qui incarne Largent & dont l’usage inculque à toutes les générations les préjugés monétaires.

ART. 52 — Etant donné qu’elle repose sur la notion de valeur, la monnaie introduit fatalement dans la « Cité » le subjectif, le relatif, l’arbitraire, l’intérêt particulier, la différence de prix entre les choses, entre les hommes, & finalement l’inégalité en droits entre les « Citoyens ».

ART. 53 — Sous Largent, les valeurs sont concrétisées par des unités monétaires qui matérialisent & donnent seules le droit d’accéder au marché, unités dont le but est de circuler, unités qui, par le seul jeu des valeurs, se répartissent inégalement, unités qui permettent aux uns de détenir les droits des autres, de dépouiller les autres de leurs droits, &c.

ART. 54 — Un prix est la conséquence d’une chaîne de prix dont il n’est qu’un maillon, à moins qu’il ne soit fixé arbitrairement. Les prix n’ont rien à voir avec la soi-disant valeur des choses ; ce sont les hommes qui, en dernière analyse, ont un prix, sont payés, ont besoin de monnaie pour se payer les uns les autres.

ART. 55 — La monnaie n’aurait pas de raison d’être si le Travail, notamment, conférait directement les Droits du Citoyen au lieu d’être rémunéré avec des unités, car alors les choses n’auraient pas de prix & les hommes n’auraient pas besoin d’unités monétaires. C’est ce besoin qui, dans un système monétaire, empêche les hommes de concevoir une autre forme de « salaire » & les enferment dans la logique monétaire.

ART. 56 — Tout ce qui est justifié par Largent est injustifiable autrement & n’est en rien justifié du point de vue social. Tout ce qui semble financièrement logique est objectivement absurde.

ART. 57 — La nature des unités monétaires importe si peu qu’elles sont en passe d’être aussi virtuelles & imaginaires que la notion même de valeur. Un pauvre ne sera bientôt plus séparé d’un riche par rien, sinon par Largent qui n’existe que dans leur esprit.

ART. 58 — Largent est une croyance dont l’Homme est prisonnier physiquement. Il n’existe que par l’Homme, mais l’Homme peut exister sans lui.

ART. 59 — Largent fait le malheur de tous les Peuples qu’il infeste, car dans un système monétaire, inégalitaire par nature, la seule alternative à la toute puissance de Largent est la tyrannie humaine.

ART. 60 — Seuls Largent & la monnaie, créant ou perpétuant un contexte inégalitaire, permettent d’abuser du pouvoir hiérarchique ou de donner du pouvoir sans autre mérite que la fortune.

ART. 61 — Le pouvoir des riches réside moins dans leur personne que dans leur fortune qui, en les dotant de droits, leur confère des forces infiniment supérieures à leur force naturelle.

ART. 62 — Il y aura toujours des riches & des pauvres sous Largent. Un riche n’est pas & ne sera jamais l’égal en Droits d’un pauvre. Richesse & pauvreté, oppression & inégalité sont inhérentes à Largent.

ART. 63 — Largent est un tyran ; la monnaie, l’instrument de sa tyrannie.

ART. 64 — Largent est le plus grand ennemi de l’Homme avant l’Homme lui-même.

ART. 65 — Après ceci, quiconque néglige encore le rôle de Largent ou justifie son existence se fait complice de l’inégalité, de l’exploitation & de l’oppression capitaliste.

 

IV. DROIT D’ACCÈS & CARTE CIVIQUE

ART. 66 — Un moyen d’échange est théoriquement un intermédiaire, d’une part, entre les Devoirs & les Droits du Citoyen, puisqu’il lui permet, après avoir participé à la vie de la Cité, d’accéder au marché & de jouir des bienfaits de la Cité, d’autre part, entre les Citoyens, puisqu’il leur permet, à travers les biens qu’ils retirent du marché & les services dont ils profitent, d’échanger mutuellement, pour ainsi dire, leur Travail.

ART. 67 — L’existence d’un moyen d’échange implique, d’une part, la complémentarité & l’interdépendance des Travailleurs en particulier & des Citoyens en général, d’autre part, l’incapacité des Citoyens de pourvoir individuellement à tous leurs besoins & la nécessité pour chacun d’eux de pouvoir accéder au marché.

ART. 68 — La plupart des bienfaits de la Cité étant le fait du Travail & se trouvant sur le marché, le moyen d’échange est un élément vital pour les Citoyens & le paramètre central de la Cité. De la nature du moyen d’échange — de la façon de l’obtenir, de l’utiliser, &c. — dépendent donc la nature des rapports entre les Citoyens & de leur mentalité.

ART. 69 — Etant donné que la monnaie accapare le Droit d’accéder au marché & ne peut se répartir également, elle confère aux « Citoyens » un droit d’accès fatalement inégal, inégalité qui se répercute sur tous les autres Droits & anéantit l’état de Droits, donc la Société même.

ART. 70 — Les Citoyens ne peuvent être égaux en Droit sans jouir également des bienfaits de la Cité, sans jouir d’un égal Droit d’accès au marché, autrement dit sans avoir le même pouvoir d’achat, pouvoir sans autres bornes que les possibilités réelles du marché.

ART. 71 — La monnaie est un moyen d’échange parmi tous les moyens d’échange possible. La monnaie véhicule une conception de l’échange ; un moyen d’échange digne de la Cité doit véhiculer un concept de Société.

ART. 72 — Un moyen d’échange est le paramètre le plus stable d’une Société ; il en est le cœur. Rien n’est plus difficile que d’en changer. Une fois adopté, il façonne les hommes à son image.

ART. 73 — Pour que les Citoyens soient & demeurent égaux en Droits, pour que les Droits soient à l’abri des caprices des hommes, les Droits & les principes de l’ordre social doivent être sous la sauvegarde d’un moyen d’échange.

ART. 74 — Des unités limitent le pouvoir d’achat. L’égalité du Droit d’Accès exclut le recours à toute forme d’unité ou de rationnement, & implique l’usage d’un moyen d’échange conférant à tous les Citoyens un pouvoir d’achat théoriquement illimité.

ART. 75 — Le Droit d’accéder au marché & de profiter des bienfaits de la Cité doit être attaché à la Citoyenneté elle-même, au fait d’être Citoyen, non dépendre d’insignifiantes unités.

ART. 76 — Le moyen d’échange de la Cité doit être une Carte à puce utilisant la technologie des cartes de crédits, mais s’obtenant de la Cité & permettant essentiellement de vérifier la Citoyenneté de son détenteur. Cette carte, appelée Carte civique, conférera à tous les Citoyens un pouvoir d’achat indéfini, théoriquement illimité & donc égal.
ART.

77 — La Carte civique est l’évolution naturelle de la carte de crédits qui, à mesure que son usage devient exclusif, rend la monnaie de plus en plus virtuelle, introduit l’idée qu’une carte pourrait être en soi un moyen d’échange, & creuse la tombe de Largent.

ART. 78 — Lorsque tous les Citoyens disposent d’un pouvoir d’achat théoriquement illimité, aucun ne peut accaparer la production, dépouiller les autres de leurs Droits, les asservir ou les soudoyer ; nul ne peut se vendre ni voir dans ses égaux des maîtres.

ART. 79 — L’indigestion est motivée par la rareté ; la modération, par l’opulence. Pour que l’Homme soit libéré des obsessions matérialistes, il faut qu’il puisse assouvir une bonne fois pour toutes les frustrations que Largent & ses limites font naître en lui, & qu’il ne ressente plus la gêne.

ART. 80 — Quand l’ÉGALITÉ est inaltérable, la tyrannie est impuissante à renaître & la Vertu est dans les mœurs.

ART. 81 — Instaurer définitivement l’ÉGALITÉ & anéantir, par conséquent, tout germe de tyrannie est donc le double but de la Carte civique sur laquelle repose la Révolution prônée par les Patriciens. Cette Carte, en se substituant à la monnaie, anéantira de fait Largent & lui interdira même de ressusciter.

 

V. CAPITALISME, LIBÉRALISME & DYNAMISME ÉCONOMIQUE

ART. 82 — Le capitalisme est le développement extrême des lois de Largent sans lequel il n’y a pas de capitalisme possible.

ART. 83 — Largent est le cœur du capitalisme. A l’heure des cartes de crédits, instaurer la Carte civique sera un acte chirurgical mortel pour le capitalisme & indolore pour les hommes.

ART. 84 — Le capitalisme est lui-même en train de mettre en place toutes les structures nécessaires à l’instauration d’une Cité.

ART. 85 — Sous Largent, la seule alternative au capitalo-libéralisme est l’autoritarisme étatique. Il n’y a de LIBERTÉ ni dans l’un ni dans l’autre.

ART. 86 — L’ÉGALITÉ condamne le capitalisme ; la LIBERTÉ réclame le libéralisme. Du libéralisme sans capitalisme, là est la Révolution.

ART. 87 — Dans une Société digne de ce nom, rien n’est nationalisé, rien n’est privatisé : tous les Citoyens servent la Cité.

ART. 88 — Travailler étant un Devoir envers la Cité, tous les fruits du Travail appartiennent donc en premier lieu à la Cité avant de devenir la propriété des Citoyens lorsqu’ils les retirent du marché par l’exercice de leur Droit d’Accès.

ART. 89 — La Cité qui garantit les Droits doit aussi veiller à l’accomplissement des Devoirs.

ART. 90 — Si la Cité n’a pas à planifier l’économie, elle ne saurait néanmoins rester dans l’ignorance de ce qui se trame en son sein. Elle doit avoir un Droit de regard sur le Travail pour savoir qui Travaille, donc qui est Citoyen. Dénier ce Droit à la Cité, c’est prôner, sous quelque prétexte que ce soit, l’anarchie, sous quelque nom que ce soit.

ART. 91 — Dans la mesure où le moyen d’échange permet de profiter du Travail d’autrui, il ne peut être obtenu par les Travailleurs qu’en contrepartie d’un Travail dont le marché est, à tort ou à raison, demandeur. Produire sans vendre est aussi nul que n’avoir pas Travaillé. Acquérir sans rien offrir de son côté est un vol. Les résultats minimums exigés des Travailleurs ou des entreprises par la Cité doivent donc porter sur les ventes, non sur la production.

ART. 92 — Il n’y a pas de contrôle plus démocratique sur les entreprises que la loi du marché, lorsque les Citoyens sont libres & égaux, puisque les Travailleurs, en tant que consommateurs, s’imposent indirectement de Travailler pour satisfaire leurs appétits. Que les entreprises aient en plus le Devoir légal de satisfaire la Demande, & les consommateurs, le Droit de se plaindre de l’Offre, alors le marché impose aux entreprises de faire abstraction des résultats exigés par la Cité & de produire conformément aux désirs des Citoyens.

ART. 93 — Produire le moins cher possible pour faire le plus de profit est la source du dynamisme du capitalo-libéralisme. Produire de la qualité en quantité pour satisfaire une Demande colossale & exigeante est la source du dynamisme économique d’une Société (égalitaire & libérale).

ART. 94 — Quand la Demande est théoriquement infinie, elle est éternellement supérieure à l’Offre : le plein emploi est une fatalité.

ART. 95 — Sous le plein emploi, celui qui ne veut pas Travailler pour la Cité (lorsqu’il n’y participe pas autrement) n’a droit à rien dans la Cité. Il ne veut pas être Citoyen : il ne l’est pas.

 

VI. L’ÉGALITÉ

ART. 96 — L’ÉGALITÉ est fondamentalement nécessaire, techniquement possible & historiquement imminente.

ART. 97 — Les évolutions techniques & économiques entraînent fatalement l’évolution des « droits » & des structures politiques. Les progrès fulgurants du XXe siècle n’ayant pas encore porté leurs fruits, & le décalage entre le potentiel de la « Société » & les conditions des « Citoyens » étant plus grand que jamais & manifestement insupportable, des bouleversements positifs d’une ampleur sans précédent sont aussi inévitables qu’indispensables.

ART. 98 — Hors des Sociétés primitives, les conditions nécessaires à l’instauration de l’ÉGALITÉ sont les capacités de production de masse et l’existence de l’informatique.

ART. 99 — Les seuls obstacles à l’ÉGALITÉ sont aujourd’hui l’ignorance des hommes quant à la nature & au rôle exacts de Largent, l’inconnue quant au pourquoi & au comment l’anéantir, le manque de résolution de ceux qui le savent, & le temps.

ART. 100 — A l’échelle de l’Humanité, la Révolution est faite ; à l’échelle de l’Homme, il ne reste plus qu’à la faire.

 

VII. CITOYENNETÉ & NATIONALITÉ

ART. 101 — Citoyenneté et Nationalité sont deux choses distinctes : la première est un choix d’ordre économique et vital, la deuxième d’ordre politique et sentimental. Cette distinction est indispensable à l’heure où les hommes sont plus mobiles que jamais.

ART. 102 — Les Droits fondamentaux sont attachés à la Citoyenneté ; les droits politiques, à la Nationalité.

ART. 103 — Tout Citoyen peut obtenir la Nationalité inhérente à telle Cité, à condition de remplir les conditions qu’elle exige.

ART. 104 — La Nationalité se conserve en remplissant des devoirs particuliers qui attestent la fidélité du Citoyen envers la Cité.

ART. 105 — La Nationalité confère des droits particuliers qui sont de pouvoir participer directement à la formation des lois, de pouvoir les servir dans le cadre des institutions & corps spécialement chargés d’en assurer l’application, de pouvoir travailler dans les secteurs sensibles & éventuellement de pouvoir disposer du sol de la Cité.

ART. 106 — La Cité, au sens large, est l’ensemble des Citoyens ; la Cité, au sens strict, ou la Nation, est l’ensemble des Citoyens nationaux.

 

VIII. LE SOL

ART. 107 — La Terre étant l’asile du genre humain, le sol, en théorie, appartient à tous les hommes en général & à aucun en particulier. En pratique, & d’ici à ce que l’Humanité ne forme qu’une Cité, ce principe s’applique au territoire de chaque Cité.

ART. 108 — La Cité est seule propriétaire de son sol. Le moyen d’échange qui permet aux Citoyens de s’approprier des biens issus de la production en les retirant du marché, ne donne aucun droit sur le sol. Seule la Cité peut confier des portions de son sol selon des conditions égales pour tous les Citoyens & fixées par la loi.

ART. 109 — Si les occupants ou les exploitants de la terre passent pour des propriétaires aux yeux de leurs Concitoyens, ils n’en sont pas propriétaires aux yeux de la Cité qui la leur a confiée provisoirement dans son intérêt ou pour accéder à des requêtes légitimes ne contrariant pas l’intérêt général.

ART. 110 — Seuls les Citoyens nationaux peuvent, dans la mesure du possible, disposer d’une portion du sol de la Cité à des fins privées ou publiques. La Cité doit néanmoins garantir un terrain cultivable aux hommes nés & vivants sur le territoire national sans être Citoyens.

ART. 111 — En confiant son sol à titre d’outil de Travail, la Cité, en contrepartie du statut de Citoyen & de la Sécurité qu’elle assure à l’exploitant, exige de lui un rendement proportionnel à la surface attribuée ou relatif à la nature de la production, & la mise sur le marché de celle-ci.

 

IX. LOI, GOUVERNEMENT & DÉMOCRATIE

ART. 112 — La légitimité prévaut sur toute légalité. Est légitime, notamment, tout ce qui tend à proscrire l’inégalité ou à préserver l’Égalité entre les Citoyens.

ART. 113 — Est une loi toute règle acceptée par le Peuple, c’est-à-dire par la majorité des Citoyens nationaux. Toute règle n’ayant pas été ratifiée par le Peuple n’a d’une loi que le nom.

ART. 114 — La souveraineté appartient exclusivement au Peuple. En aucun cas le Peuple ne peut l’abandonner à ses mandataires. Personne ne peut parler au nom du Peuple sans que le Peuple se soit exprimé dans le même sens.

ART. 115 — Les élus du Peuple sont au service du Peuple. Ils ne sont pas les interprètes de sa volonté, mais ses instruments.

ART. 116 — La volonté du Peuple fonde seule la légitimité des pouvoirs exercés & des décisions prises en son nom.

ART. 117 — Pour ériger son gouvernement, le Peuple exprime sa volonté par la voie du suffrage universel ou, contre un pouvoir arbitraire, par une opposition pacifique si possible, par l’insurrection armée si nécessaire.

ART. 118 — Tout Gouvernement qui ne laisse au Peuple, pour se faire entendre, que le recours aux armes est arbitraire & tyrannique. Le Peuple a le Droit inaliénable de le renverser ; tous les hommes libres (« Citoyens » conscients d’être opprimés) en ont le Devoir.

ART. 119 — Toute Constitution qui, au-dessus des organes législatifs & exécutifs, même composés d’élus, ne prévoit pas une institution populaire souveraine & de fréquents recours au référendum, est une mascarade démocratique.

ART. 120 — Il ne peut y avoir de véritable Démocratie dans l’inégalité, & une pseudo-démocratie ne peut accoucher de l’Égalité. L’ÉGALITÉ ne repose pas sur la « démocratie » ; c’est la Démocratie qui repose sur l’ÉGALITÉ.

 

X. PATRIE & PATRIOTISME

ART. 121 — La Patrie d’un homme est l’Humanité. La Patrie d’un Citoyen est la Cité.

ART. 122 — Toute Patrie, toute Cité, tout Peuple, tout individu probe est une portion de la Patrie universelle. Le patriotisme est la porte de la fraternité universelle.

ART. 123 — Quiconque néglige, méprise, exploite ou tyrannise l’Humanité n’a pas de Patrie & se déclare l’ennemi du genre humain.

ART. 124 — Un Peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre. Le Peuple Français est l’ami & l’allié naturel des Peuples debout contre la tyrannie.

 

XI. REVOLUTION & REVOLUTIONNAIRES

ART. 125 — Une Révolution est une tentative de proscrire l’inégalité. L’ÉGALITÉ est le but fondamental de la Révolution.

ART. 126 — Concevoir la révolution comme une entreprise permanente, c’est au mieux vouloir lutter sans fin contre l’inégalité, c’est donc ignorer le moyen d’instaurer l’Égalité, donc perpétuer l’oppression sous de nouvelles couleurs.

ART. 127 — Dans l’inégalité, sous Largent, chaque individu est en lutte contre tous les autres. Les classes sont une illusion d’optique. La lutte des classes est une voie sans issue.

ART. 128 — Une révolution qui ne compte que sur des hommes pour défendre ses conquêtes contre d’autres hommes, au lieu d’être soutenue par la simple force des choses, sombre nécessairement dans la guerre civile & éventuellement la dictature politique. Ce n’est pas une Révolution.

ART. 129 — Le projet d’anéantir Largent doit être dans les esprits & adopté par le Peuple avant d’être mis en application. Avoir besoin de recourir à la violence pour instaurer la Carte civique serait le signe qu’il ne l’est pas & que l’heure de la Révolution n’a pas encore sonné.

ART. 130 — La force de la Révolution est dans les choses. Il n’y a de révolutions irrévocables que les évolutions révolutionnaires.

ART. 131 — Tous les Peuples évoluent à un rythme différent. Les conditions de la Révolution ne peuvent être partout réunies en même temps. La Révolution ne pouvant être mondiale sera donc locale. Ceux qui, pour une raison ou une autre, prônent l’idée absurde d’une Révolution mondiale sont, consciemment ou non, des contre-révolutionnaires.

ART. 132 — Une Révolution se produit lorsque l’évolution des choses rejoint celle des idées. Pas de Révolution possible tant que les choses & les hommes ne sont pas mûrs ; impossible de l’éviter lorsqu’ils le sont.

ART. 133 — Les choses étant ce qu’elles sont, les révolutionnaires ne peuvent faire évoluer que les idées en mettant au service de la Révolution tous les moyens que leur époque fournit. Il est difficile de combattre une idée, & impossible d’arrêter une idée simple & juste.

ART. 134 — Invisibles & Insaisissables comme le vent, puissants & éphémères comme la tempête : tels doivent être les révolutionnaires.

ART. 135 — La Révolution est un coup de foudre. Elle consiste en une décision historiquement nécessaire qui, aussitôt appliquée, change tout à jamais & met fin à la Révolution elle-même. Rien ne sert de tout révolutionner en même temps, il faut révolutionner l’essentiel & laisser le temps révolutionner le reste.

ART. 136 — Un gouvernement révolutionnaire est indispensable pour ôter le pouvoir aux contre-révolutionnaires & prendre les décisions révolutionnaires.

ART. 137 — L’instauration de la Carte civique & l’anéantissement de Largent interviendront lorsque le capitalisme sera partout à l’agonie, lorsque chaque pays capitaliste sera trop occupé à essayer en vain de sortir de ses difficultés pour avoir l’envie & les moyens de combattre le Peuple qui, le premier, osera cette Révolution.

 

XII. LES PATRICIENS

ART. 138 — Le but des Patriciens est de rassembler & d’organiser les vrais républicains en une force révolutionnaire capable d’exister, d’inspirer aux « Citoyens » la haine de Largent & l’amour de l’ÉGALITÉ, de promouvoir l’idée d’une Carte civique, d’approfondir la théorie du Civisme &, à terme, de parvenir démocratiquement & provisoirement au pouvoir pour ouvrir l’ère de l’Humanité.

ART. 139 — Est Patricien quiconque adhère aux Principes du présent Manifeste & s’en fait le champion.

ART. 140 — L’ouvrage des Patriciens sera scellé & leur mission accomplie quand la Carte civique & l’Égalité en Droits entre Citoyens seront une réalité.

 

VOUS VOULEZ L’IMPENSABLE ?
VOUS N’ÊTES PLUS SEULS !

 

LES PATRICIENS

 

 

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